L’incarnation du shôjo
Larmes et tendresse, agrémentées d’un soupçon de froufrou, entourent l’univers de Gwendoline sous la plume de Yôko Hanabusa. Ce shôjo manga n’avait pas bénéficié d’une parution intégrale en France jusqu’à présent ; c’est désormais chose faite grâce à Isan Manga, qui propose une édition prestigieuse en six tomes.
Gwendoline incarne l’esprit du shôjo : elle aspire à devenir une Lady. Elle s’envole vers l’Angleterre avec sa mère — cette dernière est japonaise — pendant que le père, le Vicomte de Marble, riche Britannique, vit avec sa fille ainée Annie dans un grand manoir. C’est dans cette demeure que Gwendoline est destinée à vivre entourée de ses parents et de sa demi‑sœur, mais le destin en décide autrement.
En chemin, un accident de voiture coûte la vie à sa mère. Son arrivée en Grande‑Bretagne se fait dans la douleur, d’autant plus qu’Annie ne l’accueille pas les bras ouverts. Puis intervient la Baronne de Wibbery, accompagnée de ses deux enfants odieux, qui bouleverse le quotidien de Gwendoline et de ses proches. Fortune insolente de Wibbery, elle souhaite épouser le père de Gwendoline pour s’emparer de son nom et surtout de son titre. Cette mégère n’a aucune limite; elle compte sur la situation financière fragile du Comte de Marble pour sceller ce mariage : un titre pour elle et un sauvetage financier pour lui.
Une petite fille contre l’injustice
Gwendoline est remplie d’éléments caractéristiques du shôjo : drames, larmes, relations torturées et portrait de l’héroïne en proie à la victimisation. Son quotidien est loin d’être idyllique : un père occupé par son travail et une marâtre qui rend la vie dure à l’enfant. Pourtant, ce qui ressort, c’est ce sentiment d’injustice qui saisit le lecteur à mesure qu’il suit son combat. Heureusement, cette fillette est débrouillarde et résolue, prête à accueillir le bonheur. Elle peut compter sur ses deux princes charmants — Edward et Arthur, deux aristocrates généreux et attentifs — et sur son sourire porteur d’un message simple: aimer et être aimé. Le manga Gwendoline demeure une essence pure du shôjo, porté par Yôko Hanabusa.
Un shôjo dans les règles de l’art
Gwendoline nous est parvenue d’abord par le biais d’une adaptation animée produite par Toei Animation. Le 11 septembre 1989, la série débute dans l’émission Youpi l’école est finie, sur La Cinq. Le succès est rapide. Ses boucles blondes et ses mésaventures évoquent Candy, Candy, qui a marqué l’auteure.
Hanabusa a même indiqué s’être inspirée de Candy et de Lady Diana pour forger le caractère de Gwendoline. Le dessin de l’animation — dont deux box DVD sont disponibles chez Black Box — est fidèle à celui du manga. Le trait du style shôjo privilégie la grâce et la finesse, avec des décors qui s’effacent parfois pour mettre en valeur l’action et l’émotion.
Enfin la fin de l’histoire
Si vous connaissez la série télé, elle vous a laissé sur votre faim. Le manga publié par Isan Manga permet d’aller plus loin dans l’intrigue : la première partie de l’animé adapte le premier tome, tandis que la suite se montre plus libre dans sa narration au collège; dans le manga, les aventures se déploient avec plaisir, toujours axées sur l’amour, le bonheur et l’harmonie familiale. Cinq tomes vous permettent de découvrir davantage sur cette touchante future Lady.
Une édition luxueuse pour Lady Gwendoline
Gwendoline a marqué le public lors de sa diffusion télévisée et, comme Candy ou Georgie, elle a gagné ses lettres de noblesse grâce à la sensibilité de Yôko Hanabusa. Isan Manga ravive cette héroïne avec une édition luxueuse en six tomes. Comme à l’accoutumée, l’éditeur propose une impression et une traduction soignées, un format noble avec couverture rigide, vernis sélectif et dorures, et marque-page en tissu. En somme, la Rolls de l’édition pour une magnifique petite Lady.