Le château de Cagliostro
C’est avec une certaine émotion qu’on découvre sur grand écran Le château de Cagliostro, 40 ans après sa sortie nippone, et ce monument de l’animation japonaise est toujours aussi frais. Le château de Cagliostro, premier long métrage réalisé par Hayao Miyazaki 宮崎 駿 à ses débuts, précède même la naissance du Studio Ghibli.
Le passé de Lupin III
Edgar et Jigen dévalisent un casino et s’aperçoivent rapidement qu’il s’agit de fausse monnaie. C’est pourquoi ils se dirigent vers le Château du Comte de Cagliostro. En chemin, ils portent secours à une jeune fille étrange vêtue d’une robe de mariée, qui semble détenir le secret d’un fabuleux trésor. Les péripéties au sein du Château de Cagliostro font ressurgir le passé d’Edgar.
Lupin III en France : un chemin tortueux
Le Château de Cagliostro sort le 23 janvier 2019 dans nos salles. En France, on se réjouit, car au Japon il est sorti en 1979. Cependant, le film et son personnage principal, le fameux Lupin III, sont déjà connus des initiés et des curieux. Le personnage d’Edgar / Lupin III est surtout célèbre en France grâce à sa deuxième série télévisée, Edgar, le détective cambrioleur, diffusée sur FR3 à partir du 12 septembre 1985. À ce jour, seuls 52 des 155 épisodes ont été doublés et diffusés.
Mais c’est bien en 1983, en VHS via Adès Video, que Lupin III fit sa première incursion en France avec son film le plus fameux : Le Château de Cagliostro, deuxième long métrage de la licence. À l’époque, il fut baptisé Vidocq contre Cagliostro.
Au Japon, le personnage s’appelle Lupin III et il est le petit-fils du célèbre Arsène Lupin. À l’origine de cette licence, un manga signé de Monkey Punch – Kazuhiko Katō. Depuis sa première adaptation animée en 1971, Lupin III est devenu une véritable institution dans l’archipel nippon, donnant régulièrement lieu à de nouveaux anime dont beaucoup ont été adaptés en français.
Pour des problématiques françaises liées aux droits d’auteur, Lupin III n’a pu conserver son patronyme chez nous. Il a donc été rebaptisé tour à tour : Vidocq (1983), Edgar (1985), Wolf (1996), puis de nouveau Edgar.
Le château de Cagliostro : trois doublages pour un chef-d’œuvre
Mais revenons au Château de Cagliostro distribué au cinéma par Splendor Films. Ce long métrage a eu droit à trois doublages français et trois castings :
- En 1983 chez Adès Video sous le titre Vidocq contre Cagliostro ; Lupin s’appelle Vidocq. Lors du premier doublage, la chanson thème du film avait été adaptée et interprétée en français par l’artiste de l’époque.
- En 1996 chez Manga Entertainment sous le titre Château de Cagliostro ; Lupin s’appelle Wolf.
- En 2005 chez IDP sous le titre Château de Cagliostro ; Lupin s’appelle Edgar de la Cambriole.
Ainsi, lorsque IDP a voulu redonner une chance à cette licence sur notre territoire, il a choisi de se rapprocher au mieux du casting de la série TV Edgar le détective cambrioleur. L’éditeur affectionnait ce personnage et, outre Le Château de Cagliostro, a fait doubler et éditer la toute première série TV de 1971 ainsi que de nombreux films.
C’est pourquoi le comédien ayant interprété ce rôle en 1985 a retrouvé ce personnage. C’est ce doublage du Château de Cagliostro que vous pouvez actuellement découvrir au cinéma.
Le Château de Cagliostro reste un incontournable de l’animation japonaise
Le Château de Cagliostro demeure un incontournable de l’animation japonaise et préfigure déjà la carrière du maître de l’animation. Le film a ouvert la voie à l’univers miyazakien, et ses œuvres suivantes – de Sherlock Holmes au Vent se Lève, en passant par Porco Rosso ou Le Château dans le ciel – ont confirmé une maîtrise de la mise en scène et un talent narratif hors pair.
Le Château de Cagliostro se nourrit d’aventure, de romance et de courses poursuites mémorables. Miyazaki 宮崎 駿 y dévoile déjà son amour pour la mécanique, les rouages et les machines volantes. À travers ce second long métrage de la licence Lupin III, il a sublimé l’univers du héros et l’a fait appartenir autant au film de Miyazaki qu’à la licence elle-même.
La poésie et le rocambolesque se mêlent avec brio pour offrir un long métrage qui a marqué son époque. Quarante années plus tard, sa magie opère encore, touchant même un jeune public habitué à des réalisations en 3D qui rit aussi.
Le Château de Cagliostro est la preuve que l’histoire et la mise en scène restent les clefs d’un chef-d’œuvre.
Le Château de Cagliostro à la postérité
Que vous soyez amateur ou non d’animation japonaise, Le Château de Cagliostro demeure un incontournable. Ce film annonçait déjà la carrière du maître de l’animation et a suivi un chemin lent et sinueux jusqu’à nos grands écrans, témoignage de 40 ans d’évolution de la considération pour l’animation nipponne en France.
Vous aimerez aussi
- Never-Ending Man
- Totoro